Cinéma : SitaTraoré de la scène à la caméra

      Révélée au grand public par la série télé « Ouaga Love » de Guy Désiré Yaméogo, Sita Traoré passe désormais de la scène à la caméra. A 29 ans, la comédienne burkinabè réalise son tout premier long-métrage intitulé « Fadima ». Une fiction de 90 minutes dont la sortie officielle a eu lieu le 29 mai 2017 au ciné Nerwaya de Ouagadougou. Avec cette œuvre filmique, elle devient l’une des  plus jeunes réalisatrices de fiction long-métrage dans l’histoire du 7e art au Burkina Faso.

lors de notre entretien du 11 juillet 2017

Pierre Corneille, fait dire à Rodrigue, dans le Cid : « je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Cette belle phrase qui en effet n’a pas besoin d’exégèse met sous les projecteurs les qualités de la personne et voulait exprimer le fait que le talent et les dons innés n’ont pas besoin d’attendre les années de maturité pour devenir évidents. Cela se vérifie avec Sita Traoré : comédienne, productrice, scénariste et réalisatrice de cinéma. A 29 ans, la benjamine d’une famille de six enfants (trois filles et trois garçons) vient de réaliser son tout premier long-métrage de fiction avec comme titre éponyme « Fadima ». Une fiction de 90 minutes dont la sortie officielle a eu lieu le 29 mai 2017 au ciné Nerwaya de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Le film est resté à l’affiche du 29 mai au 11 juin dernier. Par la suite, il a été projeté dans les autres salles de la capitale et au ciné Sagnon de Bobo Dioulasso, deuxième plus grande ville du pays des hommes intègres. Selon le synopsis, « Fadima » raconte l’histoire tumultueuse de la vie de Koro mariée depuis plus de cinq à Aly. Maltraitée par sa belle famille à cause de sa stérilité et pour sauver son mariage, la jeune femme aura recours aux esprits de l’eau pour avoir un enfant. Cet enfant de sexe féminin va connaitre une difficile insertion sociale jusqu’au jour où sa mère la conduira aux génies de l’eau pour la réparation des promesses non tenues. Selon la réalisatrice aussi interprète et surtout scénariste, cette histoire fascinante est inspirée d’une situation réelle, celle d’un proche parent.

Les premiers pas de Sita Traoré dans le cinéma, ont été guidés par Brahma Gnanou, jeune réalisateur burkinabè. Elle jouera son premier rôle dans « Anna », une fiction de cout-métrage réalisé par ce cinéaste. Au paravent, Sita Traoré a évolué dans la musique notamment le Rapp où elle a accompagné le célèbre groupe burkinabè « Les playerz ».

actrice et réalisatrice burkinabè

Après l’expérience vécue en 2005, elle décide de faire carrière dans le cinéma en tant que comédienne. Cette jeune femme physiquement séduisante, participera par la suite à plusieurs castings sans succès. Mais à force de persévérance, elle finit par imposer son talent à plusieurs réalisateurs burkinabè. Contrairement à certaines comédiennes figées dans un seul rôle, Sita Traoré prête son image pour interpréter plusieurs personnages. Du rôle de la prostituée en passant par la femme vertueuse, elle donne le meilleur d’elle-même pour satisfaire les créateurs et les cinéphiles. Ainsi, elle interprète le rôle de Rouki, la femme stérile et enquête d’un enfant dans la fiction « Noces croisées » de Bernard Yanogo. « Au royaume des infidèles » et « les amants infidèles » deux longs-métrages de Omar Dagnon, Sita Traoré porte le masque de Laeti, « une allumeuse ». Attendons par là une séductrice, toujours prête à faire craquer les hommes. Sur le grand écran, Laeti passe pour la reine des femmes infidèles. Ce Casting a été très apprécié par les professionnels du cinéma qui lui feront confiance dans d’autres réalisations, tel que « Moi Zaphira ». Dans ce long métrage de Apolline Traoré, elle incarne le personnage de Suzi la prostituée. Un rôle difficile à assumer car le plus souvent le public n’arrive pas à dissocier le personnage de la personne même qu’est la comédienne.

Au passage « Moi Zaphira » a été le seul film burkinabè dans la sélection officielle de la 23e édition du Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO 2013).

une scène de Fadima

Un coup d’œil sur sa filmographie en tant que comédienne laisse percevoir que Sita Traoré a joué dans près de dix sept films toute catégorie confondue. Mais, elle sera révélée au grand public par la série télévisée « Ouaga Love » de Guy Désiré Yaméogo. Les saisons I et II de cette série ont été diffusées par la télévision TVS monde/Afrique et certaines télévisions en Afrique. Celle qui est considérée comme l’une des étoiles brillantes du cinéma burkinabè incarne avec maestria dans « Ouaga Love » le personnage de Brigitte, la secrétaire d’une agence matrimoniale.

Du haut de ses 1,75 mètre, la comédienne et réalisatrice burkinabè aussi séduisante qu’accueillante est célibataire sans enfant. Mais attention, son cœur n’est pas apprendre.

Abraham Bayili

 

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